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Publié par Valérie dans Le Vin le 16/05/2025 à 21:31
Quand on parle de vin, on entend souvent des termes comme effervescent, pétillant… ou tranquille.
Mais que signifie “vin tranquille” ?
Le terme “vin tranquille” désigne tout simplement un vin sans bulles. Contrairement aux vins effervescents comme le Champagne ou le Crémant, il ne pétille pas, ne mousse pas, et ne chatouille pas la langue. C’est le type de vin le plus courant : rouge, blanc ou rosé, sec ou moelleux, la plupart des bouteilles que nous consommons sont des vins tranquilles.
Mais alors, pourquoi certains vins font-ils des bulles et d'autres pas ? Et comment les reconnaître ?
Tous les vins fermentent grâce aux levures qui transforment les sucres du raisin en alcool. Cette fermentation crée aussi un gaz naturel : le dioxyde de carbone (CO₂). Dans un vin tranquille, ce gaz s’échappe naturellement pendant la fermentation ou est éliminé avant la mise en bouteille.
Dans un vin effervescent, en revanche, on crée une deuxième fermentation en bouteille (ou en cuve) pour produire ces fameuses bulles.
La réglementation européenne classe les vins selon leur teneur en gaz et la pression exercée en bouteille. C'est pourquoi les vins sont classés selon leur niveau de pression en bouteille (mesuré en bars), ce qui détermine leur degré d’effervescence.
Voici un tableau simplifié qui reprend ce classement :
|
Type de vin |
Pression en bouteille |
Description sensorielle |
Exemple d’AOP ou de style |
|---|---|---|---|
|
Vin tranquille |
< 0,5 bar |
Pas de CO₂ perceptible en bouche, pas de bulles visibles |
Sancerre, Saint-Émilion, Monbazillac |
|
Vin perlant |
0,5 à 1 bar |
Légère effervescence, sensation subtile en bouche |
Gaillac perlé, Muscadet sur lie |
|
Vin pétillant |
1 à 2,5 bars |
Bulles visibles, légères et régulières |
Clairette de Die, Moscato d’Asti |
|
Vin mousseux |
> 3 bars |
Bulles abondantes, mousse à l’ouverture |
Champagne, Crémant de Loire, Blanquette de Limoux |
Ce qu'il faut retenir :
La pression en bouteille (mesurée en bars) permet de classer les vins selon leur niveau d’effervescence. À partir de 3 bars, on parle officiellement de vin mousseux. En dessous, l’effervescence est plus discrète, voire imperceptible pour les vins tranquilles.
Quand l’effervescence est bien présente et recherchée, elle résulte d’une seconde fermentation, appelée prise de mousse. Elle consiste à ajouter un mélange de sucre et de levures au vin, qui refermente pour produire du CO₂. Ce gaz reste cette fois piégé dans la bouteille ou la cuve, et forme les bulles que l’on perçoit.
Les trois grandes méthodes de production :
Méthode traditionnelle
La deuxième fermentation a lieu en bouteille, comme pour le Champagne ou les Crémants. Le CO₂ y est naturellement emprisonné.
➤ Résultat : des bulles fines, persistantes, avec une belle complexité aromatique.
Méthode cuve close (ou Charmat)
La prise de mousse se fait en cuve pressurisée, puis le vin est mis en bouteille. C’est la méthode du Prosecco, par exemple.
➤ Résultat : des bulles plus souples, un style plus fruité et direct.
Méthode de gazéification
Du CO₂ est injecté dans le vin, comme pour une eau pétillante. Rare et peu noble, ce procédé est réservé à certains vins de table.
➤ Résultat : bulles plus grosses, souvent moins harmonieuses.
Quand on déguste un vin tranquille, Il peut arriver que l'on ressente en bouche une légère sensation de picotement sur notre langue, alors que ce vin n’est pas effervescent. Cela vient tout simplement de la présence de CO₂ résiduel, naturellement produit pendant la fermentation alcoolique qui s'est dissous dans le vin.
Dans le cas d’un vin tranquille, le dioxyde de carbone (CO₂) produit pendant la fermentation alcoolique est progressivement évacué lors des soutirages et des manipulations en cave. En fin de vinification, le vigneron peut effectuer un dégazage par agitation, aération ou filtration afin d’éliminer le CO₂ résiduel et garantir l’absence d’effervescence en bouteille.
Si ce gaz n’a pas été totalement éliminé avant la mise en bouteille, il peut rester dissous dans le vin.
Il peut être voulu : certains vignerons choisissent de laisser un peu de CO₂ résiduel, issu de la fermentation alcoolique, pour apporter fraîcheur et vivacité au vin. C’est un choix assumé, notamment dans certains blancs secs jeunes comme le Muscadet sur lie ou certains vins naturels non filtrés.
Il peut aussi être involontaire : cela arrive lorsque le vin n’est pas encore totalement stable à la mise en bouteille. Si la fermentation n’est pas complètement terminée, elle peut reprendre en bouteille. Le gaz carbonique formé reste alors piégé dans le vin.
Dans ce cas deux options s’offrent à vous :
Méthode rapide : ouvrir la bouteille, boucher le goulot avec le pouce, agiter doucement, puis relâcher. Le gaz s’échappe… même si cette méthode est efficace, je la trouve un peu brutale pour le vin.
Méthode douce : verser le vin dans une carafe une heure avant de le servir. L’aération permet au CO₂ de s’évaporer naturellement. C’est ma méthode préférée, plus respectueuse du vin.
Encore un terme qui, en apparence, semble évident… mais qui se perd vite dans le jargon du vin !
J’espère qu’après cette lecture, le vin tranquille n’a plus aucun secret pour vous, et que vous savez désormais faire la différence entre les styles avec ou sans bulles — naturels ou provoqués.
Et si d’autres mots du monde du vin vous intriguent ou vous laissent perplexes, dites-le-moi en commentaire : je me ferai un plaisir de les expliquer dans un prochain article !
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